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Le Blog de la Culture

Le Blog de la Culture

Le Blog de la culture doit présenter ce qui me plait ou déplaît dans la société, avec une préférence pour l'art en général. Film, Musique, Série, Recette, Livre, Art pictural ou architectural...

Publié le par Clem's Le Corre
Publié dans : #film, #art, #série, #héros, #guerre mondiale, #Doctor Who, #Spoilers, #oscar
3 discours, des frissons, des larmes

Le 1er février 2018, j'ai été au cinéma. Ça faisait un bon moment que je n'avais pas profité d'un grand écran et franchement, je suis bien contente que le premier film que je sois allé voir fut Les heures sombres de Joe Wright.

Ce réalisateur nous avait habitué à du très bon avec par exemple Orgueil et préjugés (2005) avec Keira Knightley, Le soliste (2009) avec les fabuleux Jamie Foxx et Robert Downey Jr., Anna Karénine (2012) et même un épisode de la série magistralement sublime Black Mirror (S03E01, Nosedive/Chute libre). Et bien, le bon est toujours là, l’excellent même. A croire que Joe Wright ne fait que des merveilles.

Son pouvoir, savoir bien s'entourer et réussir à convaincre Gary Oldman était l'étape majeur de la création de ce long métrage. Et pourtant, même nous convaincre nous n'était pas aisé, et encore moins moi.

Parce que j'ai lu à propos de Churchill, j'ai vu des photos, des vidéos en noir et blanc, je l'ai étudié. Je pense savoir qui est Churchill. De même, après la performance de Ian Niece dans la série Doctor Who, de Thimoty Spall (Peter Pettigrow dans Harry Potter) dans Le discours d'un roi ou même de John Lithgow dans la série The Crown plus récemment, j'étais habitué à une certaine image du personnage. Et pourtant, Gary Oldman, mes amis... Gary Oldman!!

Après les performances emblématiques de Sirius Black dans Harry Potter (et oui, encore un acteur qui joue Churchill à venir de là), et évidemment de l'épique James Gordon dans la trilogie de Nolan (qui n'arrive pas à me faire apprécier celui de la série Gotham), ce n'était que logique qu'il finisse enfin par obtenir/accepter un rôle principal à hauteur de son talent et quoi de plus cohérent que le rôle du premier ministre le plus célèbre de l'Histoire du Royaume Uni pour cela.

3 discours, des frissons, des larmes

Pour l'accompagner, Kristin Scott Thomas, une actrice formidable, sincère, qui a joué entre autre dans Ne le dis à personne (2006), Elle s'appelait Sarah (2010) ou Suite Française (2014).

Ce film étant historique, le rôle qui pour moi était le plus lourd à porter (après celui de Churchill, évidemment), était celui du roi George VI et ce, pour deux raisons. Premièrement, il s'agit du père de la reine actuelle du Royaume uni, C'est une Histoire contemporaine récente, et le souvenir de sa personne est encore frais dans les mémoires d'une génération. Deuxièmement, la performance de Colin Firth dans Le discours d'un roi, récompensée par l'Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur en 2011 est encore bien présente dans nos esprits encore aujourd'hui (j'en viens encore à pleurer à certains passages). Réussir à outrepasser les souvenirs et les visions culturelles du personnage restait une épreuve redoutable pour l'acteur mais Benjamin Mendelsohn à néanmoins réussi. Certes, je me risquais à faire la comparaison durant une très grande partie du film entre les deux acteurs mais le travail effectué par Benjamin Mendelsohn est à reconnaitre. Plutôt qu'un rôle poignant, charismatique, il en fait un roi bègue humain, crédible, et peut-être plus proche de la réalité, dans la mesure où l'on montre ses faiblesses en tant que roi, et non en tant que bègue.

3 discours, des frissons, des larmes3 discours, des frissons, des larmes

Enfin, un vent de fraîcheur a soufflé sur le film avec la participation de la pétillante Lily James que j'ai découvert dans Downton Abbey avec une jeunesse et une candeur que j'avais adoré et que j'ai donc retrouvé avec plaisir.

Au delà des acteurs, le scénario est vraiment captivant. Le pari était de concentrer le film autour de trois discours de Winston Churchill, de son ascension à la tête du ministère jusqu'à sa décision de faire face à Hitler (ce qui conduit plus tard au Blitz), à la manière du Discours d'un roi, formule qui a bien marché. Ce style cinématographique veut, à mon avis montrer le pouvoir du langage, de la langue de Shakespeare face à l'orateur qu'est Hitler. Ce parti pris nous rappelle que l'émotion nous est transmise par la parole, et que le cinéma parlant actuel restera à tout jamais l'obligé de la littérature.

3 discours, des frissons et quelques larmes. Durant le film, je me suis sentie anglaise, et encore plus, attachée à la souveraineté de l'île. Le film est également puissant puisqu'il nous fait réfléchir. Si aujourd'hui j'ai ressenti cet élan national (pour un autre pays que le mien...), l'aurais-je ressenti durant la même période?  Suffit-il d'un discours bien prononcé pour faire de nous des moutons bons pour la chair à canon? Ou encore, qu'aurais-je fais si l'un de mes proches avait disparu durant la guerre? ou si moi-même, je m'étais retrouvée face à ma propre mort? Tout le film est ainsi basé, je trouve, sur une question d'ambivalence entre la réaction des anglais et celle des français face à Hitler, capituler ou se battre jusqu'au bout.

En fait, si j'ai décidé d'écrire cet article, ce n'est pas seulement parce qu'il est bon (et sur ce point, je rêve d'une suite) mais surtout parce qu'il a réveillé en moi quelque chose que je pensais éteint: mon goût de l'histoire. En sortant de la séance de cinéma, je me rappelais pourquoi j'avais souhaité devenir enseignante. Parce que je voulais montrer aux élèves qu'il suffit d'aimer l'art (cinéma, littérature, etc) et de choisir les bons outils pour faciliter son apprentissage.

Du coup, c'est un film que je recommande grandement et que j'ai moi-même envie de revoir, en VO cette fois-ci. Bonne séance!!

3 discours, des frissons, des larmes

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