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15 Avril 2016
Hier au soir, le 14.04.2016, passait à la tv sur France2, notre très cher président de la république François Hollande, en présence de journalistes et de 4 personnes choisies parmi le "commun des français" pour un débat qui se voulait bénéfique et enrichissant pour la population française au début de la 4ème et dernière année du mandat présidentiel. Malgré le peu d'audience, j'avoue n'y avoir pas participé par manque d’intérêts, le débat fait tout de même sensation (oui, je préfère lire les résumés plutôt que d'entre crier à droite et à gauche)
Lors de ces discussions autour de la psychose française liée aux attentats récents de Paris et de Bruxelles, Hollande évoquait la fermeture de la mosquée Sunna, du quartier de Pontanézen, après le visionnage d'une courte vidéo sur l'imam du lieu, que l'on connait salafiste et radical, qui tennait des propos "délirants" . Malheureusement pour lui, la fermeture du lieu n'est pas effective et cela n'a jamais été remis en cause.
Il est vrai que la mosquée avait été perquisitionnée le 20 novembre dernier, suite aux attentats de Paris et au renforcement des méthodes judiciaires de lutte contre le terrorisme, mais le combat s'est arrêté là, avec tout de même une surveillance de l'activité du prêcheur de Ponta, surtout que ce n'est pas la première fois qu'il fait face à un scandale...
"F.H. : -Quand on entend ces prêches là on ne peut les accepter. C'est la raison pour la quelle nous avons expulsé quelque 80 prêcheurs de haine.
Journaliste: -Celui-là ne l'est pas en l’occurrence! Il ouvre bientôt une école coranique si j'ai bien lu le dossier.
F.H. : -Celui-là est français, il ne peut pas être expulsé mais son lieu de prière..., je ne peux même pas utiliser ce mot, ce lieu de haine a été fermé [...] nous devons lutter contre ces pêcheurs, ces partisans de la haine qui induisent la radicalisation"
En fait, ce qui m'a choqué, c'est une banale promenade dans le quartier de Ponta cet après-midi. Je passais par là pour me rendre en ville, et découvrait les croyants qui sortaient de leur mosquée, comme pour un vendredi ordinaire. Je n'y ai pas vu des monstres, je n'y ai pas vu des terroristes, ni un vent de haine. Non, j'y ai vu des enfants, des mères, des amis, des sourires, etc. Même si les femmes portent le voiles, ou que les hommes portent la barbe longue, ils ne sont pas différents de nous.
Ce message, de "lieu qui répand la haine", je ne l'ai pas vu. Oui, l'imam est connu des services de police pour être salafiste, dans un Islam radical, cherchant à retrouver l'islam des origines, avec des règles strictes, très strictes, mais malgré cela, la mosquée de Ponta reste un lieu de culte, comme les autres, un lieu de prières offert aux fidèles, qui eux peuvent être bien différents de ce qui est véhiculé par les médias.
Je trouve inadmissible en effet que des journalistes, que j'ai vu en nombre aujourd'hui, viennent importuner des personnes qui sortent de leur mosquée sous prétexte que cette dernière serait le symbole du mal incarné. Aimeriez-vous, au sortir de votre église, de votre synagogue où de votre lieu de culte, qu'importe lequel, être interpelé par les journalistes à propos d'un sujet qui est, j'imagine bien, pointilleux et sensible?
Caméras, micros, une dizaine de journalistes, si ce n'est plus étaient présent sur place pour prendre à parti les fidèles. Si je conçoit que le lieu est surveillé et que l'imam est considéré comme "potentiellement dangereux", il n'en reste pas moins que la mosquée est un lieu de culte, et que la liberté religieuse est un des fondements de notre république. Donc, comme on le dit tout le temps depuis un an et demi: attention à ne pas faire d'amalgames. On ne peut concevoir un lieu de culte comme un "lieu de haine", et ce à cause d'un seul homme.