Le Blog de la culture doit présenter ce qui me plait ou déplaît dans la société, avec une préférence pour l'art en général. Film, Musique, Série, Recette, Livre, Art pictural ou architectural...
17 Septembre 2013
Le thème du jour est un film sur l'histoire américaine, mais de point du vue d'un seul homme: un homme de couleur noir, Cecil Gaines. Celui-ci naît dans une plantation de coton et vie une enfance misérable, entre le viol de sa mère et le meurtre de son père. Il fuit ce monde en 1926 pour entrer dans le service de maison et s'avère très doué à cette tâche. Grâce à son talent, son habilité et son naturel discret, il se fait une place dans au service du "monde blanc", et est vite repéré par la maison blanche. Nous suivons alors pas à pas l'histoire des Etats Unis auprès des présidents successifs, au grès des débats, conflits que provoquent les clivages entre blancs et afro-américains et la ségrégation qui en découle, par le témoignage d'un homme droit et présent durant près de 30 ans à la maison blanche.
Plus qu'un film historique, c'est l'histoire d'un homme qui lutte pour conserver sa place au sein de la société et pour ses patrons, un homme qui a toujours subi le joug des hommes blancs, et qui a peur du changement, un homme qui espère mais qui n'agit pas, un homme face à qui son propre fils se rebelle, un fils qui ne le comprend pas, qui en veux plus, et qui se bat pour l'obtenir, quitte à mourir ou à souffrir.
Le réalisateurs Lee Daniels réussi à nous faire ressentir les émotions, les sentiments de ces hommes et de ses femmes qui se battent pour l'égalité des hommes, provoquant ainsi des montées de larmes à de nombreuses reprises.
Entre espoir, liberté, amour, trahison, lien familiaux compliqués, perte d'un être cher, le film englobe l'âme, la pensée, les émotions de toute une vie, celle de Cecil, vie qui parait longue, trop rude, trop riche, trop éprouvante pour un seul homme, mais la carrure de l'homme reste droite malgré les ans. Le rôle est alors joué par le talentueux Forest Whitaker, 52 ans, aussi connu pour Le dernier roi d'Ecosse, ou the great Debaters. Un visage poignant, dure, mêlant la tristesse, la robustesse, et le poids de l'âge, avec une noblesse d'âme et une fierté inébranlable.
Peut-être suis-je présomptueuse en disant cela mais c'est sans doute le film de l'année, à l'instar du Discours d'un roi, de Tom Hooper en 2010. Un film grandiose, un chef d'oeuvre qui évidemment a été produit pour obtenir un oscar, mais on ne s'en plaint pas, loin de là
La seule chose que l'on pourrait reprocher à ce film, sans que ce soit préjudiciable du tout à son box-office, est le casting. Pour une personne avec un minimum de culture, le film nous renvoie à la réalité à chaque nouvelle apparition. Le souci d'un film à gros budget, une multitude d'acteurs connus, de tous les horizons: côtoient Forest Whitaker, Oprah Winfrey, plus connue pour son talent de journaliste et chroniqueuse grâce à son émission, Mariah Carey, John Cusack, Jane Fonda, Cuba Gooding Jr., Terrence Howard (oui, j'ai souri, Iron Man 1), et enfin, Lenny Kravitz pour ne citer que les plus célèbres, parmi les premiers rôles.
En définitif, c'est un film que j'aurais en DVD dès sa sortie, et un film que je serais capable d'aller voir bien plus d'une fois au cinéma si je le pouvais. Je vous le conseille grandement: un film brillant, éblouissant, un bon moment à passer en salle noire.