Le Blog de la culture doit présenter ce qui me plait ou déplaît dans la société, avec une préférence pour l'art en général. Film, Musique, Série, Recette, Livre, Art pictural ou architectural...
20 Juillet 2017
Jusque là, être bretonne, pour moi,signifiait vivre en Bretagne, avoir des parents bretons, des grands-parents bretons, et une tradition familiale forte, une vie de famille forte. J'ai une grande famille, que je pensais typiquement bretonne, je côtoie souvent ou au moins une fois par an mes grands-parents, les oncles et tantes, mes cousins et cousines mais également mes grands-oncles et grandes-tantes, mes « grands-cousins et grandes-cousines », mes cousins éloignés et mes cousines éloignées. Qui peut se vanter d'une si grande et belle famille ?
Enfin, j'ai grandi depuis. La famille est aussi une chose grandement compliquée, et en fait, ces liens, qui étaient fort quand j'étais plus jeune, ont l'air de s’effilocher au fil du temps. Les gens grandissent,s'éloignent, quoi qu'on fasse...
Jusque là, être bretonne, c'était aussi aller à des festivals bretons, des fêtes de la mer, du terroir... Ça fait un petit moment que j'ai arrêté...
Depuis quelques années maintenant, je suis arrivée en Bretagne pour y vivre définitivement. Et ce que j'ai compris depuis le temps, c'est qu'on ne se sent pas breton à Brest. On se sent Français, ou même déprimé, mais pas breton. Après, c'est peut-être une impression personnel... Un travail lambda, un couple terne, peu de sorties.
J'ai redécouvert ma Bretagne adorée une fois que ma liberté me fut rendue. De nouveaux amis au sortir de l'hôpital après mon accident de voiture m'ont permis de découvrir un super endroit : « le Tara Inn », un bar irlandais sur le port de Brest. C'était l'été, et tous les lundis, encore aujourd'hui, la foule se réunit pour danser des danses celtiques. L'ambiance y est formidable, endiablée, tout le monde se connaît, tout le monde est le bienvenue. En quelques semaines, j'avais appris une dizaine de danse. Ma préférée est le « cercle circassien », une danse en cercle et en couple, où les partenaires changent au fil de la danse. C'est la plus populaire où les hommes et les femmes sont bien distincts et où il est possible de prendre un vrai plaisir à danser en plus de la danse elle-même. En fait, j'adore celle-là parce qu'elle me rappelle une ancienne danse médiévale que j'ai pratiquée durant mes années lycée, le « bal des lavandières ». Cependant, ces soirées hautes en couleurs ne me faisait pas sentir bretonne, juste jeune, imbibée d'alcool, en cure de bonne humeur, entourée d'amis. Et pour vous l'avouer, durant cet été d'il y a deux ans et les mois qui ont suivit, j'y allais presque toute les semaines, mais au fil du temps j'ai perdu les amis puis la motivation qui me liait à l'endroit. La dernière fois que j'y suis allé, c'était pour mon anniversaire, en décembre dernier, et la fois d'avant, peut-être en septembre... J'y suis toujours bien accueilli mais je sépare les connaissances et les amis... qui se font rares à Brest.
Mais depuis deux mois, j'habite Landerneau. Je crois qu'il n'y a pas plus bretonne comme ville du nord-finistère. J'ai eu la chance dernièrement de voir la musique et la danse venir à moi. Normalement, le dimanche au mois de juillet, je vais directement après le travail chez mes grands-parents qui sont à un camping dans le nord du Finistère, mais cette fois-ci, j'étais trop fatiguée donc je suis rentrée chez moi. Sauf que ce jour-là, je ne risquais pas de faire une sieste. Une scène, juste en face de chez moi, crachait de la musique bretonne jusqu'à mes oreilles... Au début j'étais agacée, puis emballée par cette musique, voyant des danseurs nombreux. Sauf que j'étais seule (enfin un désavantage à être célibataire... le seul, mouhahaha), donc, j'avais un peu la flemme ou peur de me retrouver là-bas sans connaissance. Évidement, j'ai fini par y aller. Les musiciens ont sorti les mots magiques : « cercle circassien ». J'étais en habit de travail (pas un uniforme, mais des habits qui sentaient la nourriture quoi), j'avais mal aux pieds grâce à de nouvelles chaussures, pourtant, j'ai pris mes clés, j'ai fermé la porte, j'ai descendu les escaliers en trombe, et j'ai couru jusque la scène... pour y arriver à la fin de la musique... snif. Cependant, je suis restée, j'ai discuté avec quelques danseurs, et finalement, je suis entrée dans la danse, en apprenant de nouveaux pas, et en retrouvant avec bonheur quelques autres que je connaissais déjà. Un pur bonheur, réel, trois heures de pur extase, de déshydratation (oui, quand on est en plein mois de juillet, prévoir une bouteille d'eau sur soit... surtout quand on danse aussi longtemps), de courbatures (parce que quand on sort pour danser pendant des heures, on prévoit un snack), de coup de soleil (parce que quand on sort en plein soleil, on prévoit de la crème). Bref, mon corps était un peu abîmé, et rouillé mais mon esprit était en extase.
Ce soir là, je me suis sentie plus bretonne que jamais. Et maintenant, j'en suis fière. Finalement, j'ai bien fait d’émigrer à Landerneau,hein ?